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Gestion et rentabilité

Rentabilité hôtel : piloter et redresser

  • Taux d’occupation
  • RevPAR et GOP
  • Point mort
  • Commissions OTA
  • Entreprise en difficulté

Taux d’occupation hôtel, ADR, RevPAR, GOP hôtel, charges incompressibles hôtel : ce guide vous donne les formules, le calcul du taux d’occupation point mort, le poids des commissions OTA, de la masse salariale et de l’énergie, un tableau de bord mensuel prêt à l’emploi et les procédures à connaître si la trésorerie se tend.

L’essentiel

La rentabilité hôtel se pilote avec quelques indicateurs : taux d’occupation (TO), prix moyen (ADR), RevPAR, TRevPAR, GOP et EBITDA. Les charges incompressibles d’un hôtel pèsent lourd, ce qui crée un fort effet de levier autour du taux d’occupation point mort.

Les commissions des plateformes, la masse salariale et l’énergie sont les trois postes à surveiller chaque mois. Si la trésorerie se tend, des solutions amiables existent avant le tribunal : délais Urssaf et CCSF, médiation du crédit, mandat ad hoc, conciliation.

62,3 %
taux d’occupation moyen des hôtels en France en 2025
618 200
chambres d’hôtel en France, moyenne mensuelle 2025
73,2 %
taux d’occupation des hôtels d’Île-de-France en 2025
9 347
défaillances dans l’hébergement-restauration sur 12 mois à fin 2025
45 jours
délai pour déclarer la cessation des paiements au tribunal
12 mois
durée maximale d’un délai de paiement Urssaf

Pour qui

Propriétaires et gérants d’hôtels indépendants, hôtels-restaurants, résidences de tourisme, campings et investisseurs qui veulent comprendre où se fait, ou se perd, leur marge.

Quand

À la clôture d’un exercice décevant, avant une saison, lors d’une hausse de l’énergie ou des salaires, ou dès que la trésorerie se tend.

Ce que vous obtenez

Les formules des indicateurs, le calcul du point mort, un tableau de bord mensuel, un exemple chiffré et les procédures à connaître en cas de difficultés.

Rentabilité hôtel : de quoi parle-t-on ?

La rentabilité hôtel désigne la capacité d’un établissement à transformer ses chambres disponibles en résultat, après toutes les charges d’exploitation. Elle se mesure à trois niveaux : le chiffre d’affaires par chambre (RevPAR, TRevPAR), le résultat brut d’exploitation (GOP) et le résultat avant loyer ou financement (EBITDA), qui intéresse le banquier et l’acheteur.

Un hôtel vend un stock périssable : une chambre non louée ce soir est perdue pour toujours. C’est pourquoi la rentabilité d’un hôtel ne se juge pas au seul bilan annuel, mais mois par mois, avec des indicateurs que votre comptabilité d’hôtel doit produire directement.

Rentabilité d’exploitation et rentabilité de l’investissement

L’exploitant regarde le GOP et l’EBITDA ; l’investisseur des murs regarde le rendement locatif et la valeur de l’actif. Les deux se rejoignent au moment d’une cession ou d’une valorisation de l’hôtel, puisque le prix d’un fonds se construit sur la rentabilité récurrente.

Un groupe dispose d’un contrôleur de gestion par établissement. L’indépendant, lui, découvre souvent sa marge six mois après la clôture. Ce guide vous donne les outils pour inverser la logique : piloter d’abord, constater ensuite.

Les indicateurs de rentabilité hôtel : TO, ADR, RevPAR

Trois indicateurs suffisent pour lire la performance hébergement. Ils reposent sur les définitions de l’enquête de fréquentation hôtelière de l’INSEE, qui rapporte les chambres occupées aux chambres offertes. Le tableau ci-dessous donne les formules à retenir.

IndicateurFormuleCe qu’il dit
Taux d’occupation (TO)Chambres occupées ÷ chambres disponiblesLe remplissage
Prix moyen (ADR)CA hébergement HT ÷ chambres occupéesLe prix réellement obtenu
RevPARCA hébergement HT ÷ chambres disponibles = TO × ADRLa création de valeur par chambre
TRevPARCA total HT ÷ chambres disponiblesLe potentiel global de la chambre
GOPPARGOP ÷ chambres disponiblesLa marge par chambre

Le taux d’occupation hôtel : remplir sans brader

Le taux d’occupation hôtel mesure le remplissage, pas la rentabilité. Un hôtel plein à prix cassés peut perdre de l’argent, surtout si les ventes passent par des canaux commissionnés. Suivez-le par jour de semaine et par segment : affaires, loisirs, groupes.

Chambres disponibles : la bonne base de calcul

Retenez les chambres réellement commercialisables. Une chambre en travaux ou fermée pour la saison basse se déduit, à condition de le faire de façon constante d’un mois à l’autre, sinon les comparaisons perdent leur sens.

Le prix moyen (ADR) : le reflet de votre politique tarifaire

L’ADR (average daily rate) se calcule hors taxes, hors taxe de séjour et hors petit-déjeuner lorsqu’il est facturé à part. Pour la ventilation fiscale, voyez notre dossier sur la TVA en hôtellerie et la taxe de séjour.

ADR brut ou ADR net de commissions

Calculez aussi un ADR net, après commissions des plateformes. C’est lui qui compte pour la marge : deux nuitées vendues au même prix ne rapportent pas la même chose selon qu’elles viennent de votre site ou d’une agence en ligne.

Le RevPAR : l’arbitrage entre volume et prix

Le RevPAR combine les deux premiers indicateurs. Si vous baissez vos prix de 10 % pour gagner 5 points d’occupation, seul le RevPAR, puis le GOPPAR, vous diront si la décision a créé de la valeur.

TRevPAR, GOP et EBITDA : la rentabilité hôtel au-delà des chambres

Le GOP (gross operating profit) est le résultat brut d’exploitation d’un hôtel : chiffre d’affaires total moins coûts des départements et frais généraux non répartis, avant loyer, taxes foncières, assurances des murs et financement. Il mesure ce que l’équipe d’exploitation maîtrise réellement, indépendamment du montage juridique.

Le TRevPAR pour les hôtels avec services

Petits-déjeuners, bar, séminaires, parking ou spa : ces recettes annexes font souvent la différence. Pour un hôtel-restaurant, le coût matière et la carte relèvent du volet restauration, que notre site jumeau Nexco Restauration traite en détail ; ici, nous gardons la logique hôtelière.

Le GOP hôtel par département

La présentation en départements (hébergement, restauration, autres services, puis frais non répartis) permet de savoir quel service gagne de l’argent. Votre expert-comptable hôtel doit pouvoir paramétrer votre plan de comptes analytique dans ce sens.

Frais généraux non répartis

Administration, commercial et marketing, maintenance, énergie : ces charges ne se rattachent à aucun département. Elles se suivent à part, en euros et en pourcentage du chiffre d’affaires total.

De l’EBITDA au résultat net

Après le GOP viennent le loyer ou la redevance de gestion, les assurances, la taxe foncière et la CFE : on obtient l’EBITDA. Les amortissements, les intérêts et l’impôt mènent au résultat net, dont l’optimisation relève de la fiscalité de l’hôtel.

Murs et fonds : deux lectures de l’EBITDA

Un exploitant locataire supporte un loyer ; un propriétaire des murs supporte des remboursements d’emprunt. Pour comparer deux hôtels, raisonnez avant loyer, puis réintégrez le coût de l’immobilier propre à chaque montage.

Rentabilité hôtel : les chiffres du secteur

Selon l’INSEE, la France comptait en 2025 en moyenne 14 886 hôtels et 618 200 chambres, pour 220,2 millions de nuitées et un taux d’occupation de 62,3 %. Les autres hébergements collectifs font l’objet d’une série distincte.

Indicateur 2025ValeurSource
Hôtels (moyenne mensuelle)14 886INSEE
Chambres618 200INSEE
Nuitées220,2 millionsINSEE
Taux d’occupation France62,3 %INSEE
Taux d’occupation Île-de-France73,2 %CCI Paris IDF
Défaillances hébergement-restauration (12 mois)9 347Banque de France

Une moyenne qui cache de fortes disparités

La CCI Paris Île-de-France relève 73,2 % d’occupation en Île-de-France, contre 63,5 % en France métropolitaine selon sa propre série. En outre-mer, l’INSEE Réunion mesure 63 % en 2025. Votre ville, votre catégorie et votre saison comptent davantage que la moyenne nationale.

Une conjoncture contrastée par gamme

La note de conjoncture d’Atout France de novembre 2025 évoque, sur les neuf premiers mois de 2025, un taux d’occupation stable et un RevPAR en légère hausse, porté par le milieu et le haut de gamme, l’entrée de gamme reculant légèrement.

La Banque de France recense 68 564 défaillances d’entreprises sur douze mois à fin décembre 2025, dont 9 347 dans l’hébergement et la restauration. Ce chiffre rappelle qu’une rentabilité hôtel insuffisante se traduit d’abord par une crise de trésorerie.

Vous voulez connaître le RevPAR et le GOP réels de votre hôtel, mois par mois ?

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Charges fixes et variables : la structure de coûts d’un hôtel

Un hôtel supporte une forte proportion de charges fixes. C’est sa force quand l’occupation monte, et sa faiblesse quand elle baisse. Classer chaque charge en fixe ou variable, compressible ou incompressible, est le préalable à tout calcul de point mort.

ChargeNatureCompressible à court terme ?
Loyer ou annuité d’empruntFixeNon
Salaires des permanentsFixePeu
Extras, saisonniers, intérimVariableOui
Commissions des plateformesVariableOui, par la distribution
Linge, blanchisserie, produits d’accueilVariableOui
Énergie (abonnement et consommation)MixtePartiellement
Assurances, logiciels, maintenanceFixePeu
Taxe foncière, CFEFixeNon

Les charges incompressibles d’un hôtel

Les charges incompressibles hôtel tombent même avec zéro client : loyer, emprunts, assurances, abonnements, salaires des permanents. Elles définissent le niveau d’activité minimal à atteindre chaque mois.

Le piège des abonnements empilés

Logiciel de gestion hôtelière, gestionnaire de canaux, moteur de réservation, télévision, wifi, alarmes : pris isolément, chaque abonnement semble modeste. Additionnés et indexés chaque année, ils deviennent un vrai poste de charges fixes à renégocier.

Les charges variables par chambre occupée

Linge, produits d’accueil, consommables, frais bancaires, part variable de l’énergie et commissions : rapportez-les au nombre de chambres occupées. Ce coût par nuitée doit rester stable ; une dérive signale un fournisseur à revoir ou un gaspillage.

Commencez par la distribution, l’énergie et les contrats de maintenance, puis l’organisation du travail. Rogner sur le ménage ou le petit-déjeuner dégrade les avis clients et, à terme, le prix moyen.

Seuil de rentabilité hôtel et taux d’occupation point mort

Le taux d’occupation point mort est le taux à partir duquel l’hôtel couvre toutes ses charges. Il se calcule en divisant les charges fixes annuelles par la marge sur coût variable d’une chambre occupée, puis par le nombre de chambres disponibles. En dessous, chaque nuit vide creuse la perte.

La formule du seuil de rentabilité hôtel

  1. Totalisez les charges fixes de l’année, y compris le loyer et la rémunération du dirigeant.
  2. Calculez la marge par chambre occupée : ADR net de commissions, moins coût variable par nuitée, plus marge des services annexes par nuitée.
  3. Divisez les charges fixes par cette marge : vous obtenez les nuitées nécessaires.
  4. Rapportez ces nuitées aux chambres disponibles : c’est votre TO point mort.

Raisonner en mois, pas seulement en année

Un hôtel de bord de mer peut être largement au-dessus du point mort en juillet et très en dessous en novembre. Le calcul mensuel indique combien de mois financent les autres, et donc le besoin de trésorerie à couvrir.

Le point mort en jours de chiffre d’affaires

Exprimé en date, le point mort indique le jour de l’année où les charges fixes sont couvertes. Un point mort atteint en octobre laisse peu de marge face à un aléa ; atteint en juin, il donne de l’air.

Commissions OTA et désintermédiation : un levier de rentabilité hôtel

Les agences de voyage en ligne (OTA, pour online travel agencies) apportent de la visibilité, mais leur commission s’applique à chaque nuitée vendue. Leur poids se mesure en rapportant le total annuel facturé au chiffre d’affaires hébergement : c’est souvent le premier poste de charges variables d’un hôtel indépendant.

La fin des clauses de parité pour Booking.com

Selon la Commission européenne, Booking.com est soumis au Digital Markets Act depuis le 14 novembre 2024 : les clauses de parité de toute nature lui sont interdites, et les établissements de l’Espace économique européen fixent librement leurs prix et conditions, y compris sur leur site.

Désintermédiation : ramener le client en direct

La désintermédiation consiste à convertir en réservation directe le client trouvé une première fois via une plateforme : programme de fidélité, avantage réservé au site, relance après séjour. Le but n’est pas de quitter les OTA, mais de réduire leur part dans le mix.

Mesurer le coût réel d’acquisition par canal

Une réservation directe a aussi un coût : moteur de réservation, frais bancaires, publicité. Comparez le coût complet par canal, en pourcentage du chiffre d’affaires, avant de décider où investir.

Comptabiliser correctement les commissions

Enregistrez le chiffre d’affaires brut et la commission en charge, jamais le net versé. Le sujet touche aussi la facturation électronique de l’hôtel, puisque les factures de commissions doivent être rapprochées des séjours.

Masse salariale et rentabilité hôtel

La masse salariale est le premier poste de charges de la plupart des hôtels avec services. Elle obéit à la convention collective des hôtels, cafés, restaurants (IDCC 1979), qui encadre durée du travail, repos et avantages en nature.

Suivre la masse salariale par chambre occupée

Rapportez la masse salariale chargée au chiffre d’affaires total et au nombre de chambres occupées. Le premier ratio parle au banquier ; le second parle au directeur, qui construit les plannings de réception et d’étages.

Productivité des étages

Le nombre de chambres faites par heure de travail est l’indicateur le plus concret côté hébergement. Il dépend de la taille des chambres, des départs et recouches, et doit être suivi par saison.

Variabiliser sans fragiliser

Extras, contrats saisonniers, annualisation : ces outils rendent une partie de la masse salariale variable. Leur coût et leurs règles se pilotent avec votre service paie hôtellerie, facturé chez Nexco 30 € HT par bulletin.

Le coût des postes vacants

Un poste non pourvu se paie en heures supplémentaires, en intérim et en avis dégradés. Intégrez ces coûts cachés à votre tableau de bord plutôt que de voir dans la vacance une économie.

Énergie : une charge qui pèse sur la rentabilité hôtel

Chauffage, climatisation, eau chaude sanitaire, blanchisserie, cuisine : un hôtel consomme jour et nuit. La facture se suit en euros par chambre occupée et en kilowattheures, pour distinguer l’effet prix de l’effet consommation.

Le dispositif éco énergie tertiaire

Les bâtiments tertiaires d’au moins 1 000 m² sont soumis au dispositif éco énergie tertiaire, qui fixe des objectifs de réduction progressive de la consommation. La DREAL Nouvelle-Aquitaine en a présenté l’application à l’hôtellerie. Vérifiez votre surface et vos déclarations.

Investir pour réduire la charge

Gestion technique centralisée, détecteurs de présence, pompes à chaleur : ces investissements s’amortissent, et leur traitement fiscal se prépare avec votre cabinet avant l’achat.

Notez la date d’échéance de chaque contrat d’électricité et de gaz, et anticipez la consultation de plusieurs mois. Un contrat reconduit tacitement dans un marché défavorable peut effacer une saison de gains sur la distribution.

Saisonnalité et trésorerie : protéger la rentabilité hôtel

Un hôtel rentable sur l’année peut manquer de trésorerie en basse saison. Les échéances fiscales, sociales et bancaires tombent, elles, chaque mois. Le plan de trésorerie sur douze mois glissants est donc indispensable.

Construire un plan de trésorerie hôtelier

Partez du budget de chiffre d’affaires mensuel, appliquez les délais d’encaissement par canal (acomptes, virements des plateformes, cartes), puis placez les décaissements : salaires, charges sociales, TVA, loyer, emprunts, fournisseurs.

Les acomptes et la trésorerie

Les acomptes de groupes et de séminaires améliorent la trésorerie mais ne sont pas un chiffre d’affaires acquis. Isolez-les dans votre suivi pour ne pas surestimer la marge du mois.

Lisser les échéances avant la basse saison

Si la basse saison s’annonce difficile, demandez des délais avant l’impayé. L’Urssaf peut accorder un délai de paiement de 12 mois au plus, selon Bpifrance Création et Service Public Entreprendre. Pour les autres solutions, voyez la section sur la prévention.

Le tableau de bord mensuel de rentabilité hôtel

Un tableau de bord efficace tient sur une page et arrive avant le 15 du mois suivant. Il compare le réalisé au budget et à l’année précédente, sans multiplier les indicateurs.

Les indicateurs du tableau de bord hôtelier

  • TO, ADR, RevPAR et TRevPAR du mois et cumulés.
  • Répartition du chiffre d’affaires par canal et coût des commissions.
  • Masse salariale chargée en % du CA et par chambre occupée.
  • Coût variable par nuitée et énergie par chambre occupée.
  • GOP, GOPPAR et écart au budget.
  • Trésorerie disponible et prévision à trois mois.

Le logiciel de gestion hôtelière fournit occupation et prix ; la comptabilité fournit charges et marges. Le rapprochement des deux est le cœur de la mission, et il suppose une tenue comptable mensuelle de l’hôtel.

Bâtissez le budget annuel en novembre ou décembre, puis reprévoyez chaque trimestre. Un budget jamais revu devient vite un document de décoration.

L’avis de l’expert

Le taux d’occupation est l’indicateur le plus suivi et le moins utile pour décider. Je préfère de loin un hôtelier qui connaît son GOPPAR et son ADR net de commissions à celui qui fête un mois complet vendu aux trois quarts par des plateformes.

La rentabilité hôtel se gagne sur la marge par chambre occupée, puis sur les charges fixes. Tant que le point mort n’est pas calculé, toute décision tarifaire reste un pari.

Raphaël Berguig, Nexco Expertise

Améliorer la rentabilité hôtel en 6 étapes

1

Mesurer

Reconstituez TO, ADR, RevPAR et GOP des douze derniers mois à partir du logiciel de gestion et de la comptabilité.

2

Classer les charges

Séparez charges fixes et variables, compressibles et incompressibles, et calculez le coût par nuitée.

3

Calculer le point mort

Déterminez le TO point mort annuel et mensuel, puis la date de couverture des charges fixes.

4

Revoir la distribution

Mesurez le coût de chaque canal et fixez un objectif de part des réservations directes.

5

Ajuster les plannings

Calez la masse salariale variable sur la prévision d’occupation, semaine par semaine.

6

Piloter chaque mois

Installez le tableau de bord, comparez au budget et décidez des actions correctrices.

Ces étapes s’appliquent aussi à un projet : avant d’ouvrir ou reprendre un hôtel, le point mort du prévisionnel dit si le prix d’acquisition est soutenable.

Exemple chiffré de rentabilité hôtel

Exemple pédagogique

Hypothèses fictives : hôtel indépendant de 40 chambres ouvert toute l’année (14 600 chambres disponibles), TO de 68 %, ADR de 115 € HT, 150 000 € HT de recettes annexes (marge de 65 %), 45 % des nuitées vendues via plateformes à 17 % de commission, coût variable de 19 € par chambre occupée, 880 000 € de charges fixes.

Calculs : 9 928 chambres occupées, CA hébergement 1 141 720 € HT, RevPAR 78,20 €, TRevPAR 88,47 €. Commissions 87 342 €, charges variables totales 328 474 €, résultat d’exploitation 83 246 €, soit 6,44 % du CA. Marge par chambre occupée 97,02 € (annexes supposées proportionnelles à l’occupation) : point mort à 9 070 nuitées, soit un TO de 62,12 %.

Scénario : ramener la part des plateformes de 45 % à 35 % économise 19 409 € de commissions par an, à volume et prix constants.

78,20 €RevPAR de l’hôtel fictif
62,12 %taux d’occupation point mort
19 409 ێconomie annuelle avec 10 points de plateformes en moins

L’enseignement est net : avec un TO de 68 % pour un point mort à 62 %, l’hôtel n’a que six points de marge de sécurité. Une baisse de fréquentation modeste suffit à le faire basculer, d’où l’intérêt d’un pilotage mensuel.

Faites calculer le point mort de votre hôtel lors d’une consultation ponctuelle à 149 € HT.

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Rentabilité hôtel dégradée : les procédures de prévention

Quand la rentabilité se dégrade, le réflexe doit être d’agir avant la cessation des paiements. Des outils amiables et confidentiels existent, d’autant plus efficaces qu’ils sont utilisés tôt.

Ne laissez pas filer le délai de 45 jours. Selon Service Public Entreprendre, la cessation des paiements doit être déclarée au tribunal dans les 45 jours, sauf demande de conciliation dans ce délai. Au-delà, le dirigeant s’expose à des sanctions.

Délais Urssaf, CCSF et CODEFI

Selon impots.gouv.fr, la CCSF (commission des chefs des services financiers) peut accorder un plan de règlement des dettes fiscales et sociales, à condition d’être à jour de ses déclarations et de la part salariale des cotisations. Le BOFiP en précise le cadre ; le CODEFI accompagne les entreprises de moins de 400 salariés.

La médiation du crédit

Si votre banque refuse un crédit ou réduit une ligne, la médiation du crédit de la Banque de France est gratuite et confidentielle. Le médiateur confirme l’admission sous 48 heures et les banques disposent de cinq jours ouvrés pour revoir leur position, selon l’accord de place.

Le mandat ad hoc

Le mandat ad hoc est une procédure confidentielle ouverte par le président du tribunal à la demande du dirigeant. Un mandataire aide à négocier avec les principaux créanciers, comme l’indique la fiche réflexe de la préfecture de Lot-et-Garonne. Il ne suspend pas les poursuites.

La conciliation

La conciliation est ouverte aux entreprises en difficulté qui ne sont pas en cessation des paiements depuis plus de 45 jours. Le conciliateur est désigné pour quatre mois et recherche un accord amiable, que le tribunal peut constater ou homologuer, selon la même fiche préfectorale et la DREETS Centre-Val de Loire.

L’accompagnement des pouvoirs publics

Le ministère de l’Économie a mis en place un réseau d’accompagnement des entreprises fragilisées, présenté sur economie.gouv.fr. Votre expert-comptable peut vous orienter vers le bon interlocuteur.

Sauvegarde, redressement, liquidation : quand l’hôtel ne suffit plus à se financer

Lorsque les solutions amiables échouent, les procédures collectives protègent l’entreprise des poursuites et organisent l’apurement du passif. Le choix dépend d’un critère central : l’hôtel est-il ou non en cessation des paiements ?

ProcédureConditionEffet principal
Mandat ad hocDifficultés, quelle que soit leur natureNégociation confidentielle
ConciliationPas de cessation des paiements depuis plus de 45 joursAccord amiable constaté ou homologué
SauvegardePas de cessation des paiementsSuspension des poursuites, plan
Redressement judiciaireCessation des paiementsPériode d’observation, plan ou cession
Liquidation judiciaireRedressement manifestement impossibleCessation d’activité, réalisation des actifs

La sauvegarde de l’hôtel

L’article L620-1 du code de commerce ouvre la sauvegarde au débiteur qui, sans être en cessation des paiements, justifie de difficultés qu’il ne peut surmonter. Le dirigeant conserve la gestion ; la période d’observation dure jusqu’à six mois, renouvelable.

Le redressement judiciaire d’un hôtel

Le redressement judiciaire suppose la cessation des paiements. Il aboutit à un plan de continuation ou de cession ; la fiche de code.travail.gouv.fr en rappelle le déroulement pour l’entrepreneur individuel.

Les salariés pendant la procédure

Les salaires restent dus ; en cas d’insuffisance de fonds, un régime de garantie des salaires intervient. Votre paie doit rester tenue avec rigueur, car le mandataire judiciaire s’appuie sur les cumuls.

La liquidation judiciaire

Selon l’article L640-1 du code de commerce, la liquidation judiciaire est ouverte au débiteur en cessation des paiements dont le redressement est manifestement impossible. Le fonds peut encore être cédé ; une vente de l’hôtel préparée en amont préserve davantage la valeur.

Erreurs fréquentes qui plombent la rentabilité hôtel

Les difficultés que nous observons à la reprise de dossiers d’hôtels tiennent rarement à un seul choc. Elles s’accumulent par habitudes de gestion.

  1. Piloter au seul taux d’occupation. Un hôtel plein à prix bas et commissions élevées peut détruire de la marge.
  2. Comptabiliser le net des plateformes. Chiffre d’affaires, TVA collectée et coût de distribution deviennent faux.
  3. Ignorer le point mort mensuel. La basse saison surprend la trésorerie chaque année.
  4. Laisser filer les contrats. Énergie, maintenance et abonnements reconduits sans mise en concurrence.
  5. Attendre l’assignation pour agir. Les solutions amiables se ferment une fois la cessation des paiements installée.

Cette page ne remplace pas l’analyse de votre situation par un professionnel du chiffre. Notre démarche de vérification est décrite dans notre méthode.

Nexco et la rentabilité hôtel : notre accompagnement

Nexco Expertise accompagne des hôteliers indépendants sur la comptabilité, la paie, la fiscalité et le pilotage. Notre point de départ est toujours le même : un tableau de bord mensuel fiable, construit sur vos données de gestion et votre comptabilité.

Nos formules

La formule Essentiel démarre à 350 € HT par mois, Performance à 550 € HT avec tableau de bord mensuel, Groupe à 1 200 € HT pour plusieurs établissements. La paie est facturée 30 € HT par bulletin. Le détail figure sur nos tarifs.

Un accompagnement en cas de difficultés

Plan de trésorerie, demande de délais, dossier CCSF, préparation d’une conciliation avec votre avocat : nous intervenons tôt, à vos côtés. Pour en savoir plus sur le cabinet, consultez qui nous sommes ou revenez à l’accueil Nexco Hôtellerie.

Changer de cabinet en cours d’année

Vous pouvez changer d’expert-comptable pour votre hôtel en cours d’exercice ; nous organisons la reprise du dossier avec le cabinet sortant.

Trésorerie tendue, échéances qui approchent ? Parlons-en avant qu’il ne soit trop tard.

Être rappelé par un expert

Questions fréquentes sur la rentabilité hôtel

Comment calculer la rentabilité d’un hôtel ?

On part du chiffre d’affaires total, hébergement et services annexes, puis on retire les charges variables, la masse salariale et les frais d’exploitation pour obtenir le résultat brut d’exploitation (GOP). Après loyer, assurances et taxes, on obtient l’EBITDA. Rapportés aux chambres disponibles, ces montants permettent de comparer votre hôtel d’un mois à l’autre et avec le marché.

Quel est un bon taux d’occupation pour un hôtel ?

Il n’existe pas de norme universelle : tout dépend de votre prix moyen et de vos charges fixes. Pour repère, l’INSEE mesure un taux d’occupation moyen de 62,3 % dans l’hôtellerie française en 2025, et la CCI Paris Île-de-France 73,2 % en Île-de-France. Le bon taux est celui qui dépasse nettement votre taux d’occupation point mort.

Qu’est-ce que le RevPAR d’un hôtel ?

Le RevPAR (revenue per available room) est le chiffre d’affaires hébergement divisé par le nombre de chambres disponibles sur la période. Il est égal au produit du taux d’occupation et du prix moyen (ADR). C’est l’indicateur qui arbitre entre remplir et vendre cher : un RevPAR en hausse signifie que la stratégie tarifaire crée réellement de la valeur.

Quelle différence entre RevPAR et TRevPAR ?

Le RevPAR ne mesure que l’hébergement. Le TRevPAR (total revenue per available room) intègre aussi les petits-déjeuners, le bar, la restauration, les séminaires, le spa ou le parking. Dans un hôtel avec services, le TRevPAR révèle le potentiel réel de chaque chambre, car un client qui dort sur place consomme souvent bien plus que sa nuitée.

Qu’est-ce que le GOP en hôtellerie ?

Le GOP (gross operating profit) est le résultat brut d’exploitation de l’hôtel : chiffre d’affaires total moins coûts des départements opérationnels et frais généraux non répartis, avant loyer, assurance des murs, taxes foncières, frais financiers et amortissements. Il mesure la performance de l’équipe d’exploitation, indépendamment du montage immobilier.

Comment calculer le taux d’occupation point mort ?

Divisez vos charges fixes annuelles par la marge sur coût variable dégagée par une chambre occupée, puis par le nombre de chambres disponibles. La marge par chambre occupée correspond au prix moyen net de commissions, diminué du coût variable par nuitée et augmenté de la marge sur services annexes. Le résultat donne le taux d’occupation en dessous duquel l’hôtel perd de l’argent.

Quelles sont les charges incompressibles d’un hôtel ?

Ce sont les charges qui tombent même avec un hôtel vide : loyer ou remboursement d’emprunt, salaires des permanents, abonnements et part fixe de l’énergie, assurances, maintenance, logiciels, taxe foncière ou CFE, honoraires. Elles représentent souvent l’essentiel des coûts d’un hôtel, d’où un effet de levier fort : chaque point d’occupation au-delà du point mort améliore vite le résultat.

Combien coûtent les commissions des OTA à un hôtel ?

Le taux dépend du contrat et des programmes de visibilité souscrits ; il se lit sur vos factures de plateforme. Le coût réel se mesure en rapportant le total annuel des commissions au chiffre d’affaires hébergement. Dans notre exemple pédagogique, 45 % de ventes via plateformes à 17 % de commission absorbent 7,65 % du chiffre d’affaires hébergement.

Un hôtel peut-il vendre moins cher en direct que sur Booking ?

Oui. Selon la Commission européenne, Booking.com est soumis au Digital Markets Act depuis le 14 novembre 2024, qui interdit les clauses de parité de toute nature. Les établissements de l’Espace économique européen peuvent fixer librement leurs prix et conditions sur leur propre site. Vérifiez néanmoins les clauses de vos autres contrats de distribution.

Quel poids représente la masse salariale dans un hôtel ?

Elle dépend de la catégorie, de la restauration et du niveau de service : un hôtel économique sans restaurant n’a rien de comparable avec un établissement haut de gamme. L’essentiel est de suivre chaque mois la masse salariale chargée rapportée au chiffre d’affaires et au nombre de chambres occupées, et de l’ajuster aux plannings de la convention HCR.

Que faire quand un hôtel n’arrive plus à payer ses charges ?

Agissez avant la cessation des paiements. Demandez des délais à l’Urssaf, qui peut accorder jusqu’à 12 mois, et saisissez la CCSF pour les dettes fiscales et sociales. Si la banque bloque, la médiation du crédit est gratuite et confidentielle. Le mandat ad hoc ou la conciliation permettent ensuite de négocier avec les créanciers sous l’égide du tribunal.

Quel délai pour déclarer la cessation des paiements ?

Le dirigeant doit déclarer la cessation des paiements au tribunal dans les 45 jours, sauf s’il a demandé dans ce délai l’ouverture d’une conciliation. La cessation des paiements est l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. Un dépôt tardif expose le dirigeant à des sanctions ; mieux vaut anticiper avec votre expert-comptable.

Quelle différence entre sauvegarde et redressement judiciaire ?

La sauvegarde s’ouvre avant la cessation des paiements, à la demande du dirigeant qui ne peut surmonter seul ses difficultés ; il conserve la gestion. Le redressement judiciaire suppose la cessation des paiements et un administrateur peut assister ou remplacer le dirigeant. Dans les deux cas, les poursuites sont suspendues et un plan peut étaler le passif.

Un hôtel peut-il être vendu pendant un redressement judiciaire ?

Oui. Le tribunal peut adopter un plan de redressement par continuation ou arrêter un plan de cession, totale ou partielle, au profit d’un repreneur. En liquidation judiciaire, le fonds peut aussi être cédé. Si vous envisagez une sortie, une cession préparée en amont préserve davantage la valeur du fonds qu’une vente dans le cadre d’une procédure.

RB

Qui a rédigé ce guide ?

Ce guide a été rédigé par Raphaël Berguig, expert-comptable et commissaire aux comptes, président de Nexco Expertise, à partir des statistiques et textes cités en sources. L’exemple chiffré est fictif et ses calculs ont été vérifiés.

Vérifié le · Prochaine revue : avril 2027

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Sources

  1. INSEE, parc et fréquentation des hôtels, données annuelles 2025
  2. INSEE, parc et fréquentation des hébergements collectifs, données annuelles 2025
  3. INSEE, notice explicative de l’enquête de fréquentation hôtelière
  4. INSEE, fréquentation des hôtels et hébergements collectifs à La Réunion en 2025
  5. CCI Paris Île-de-France, chiffres clés du tourisme
  6. Atout France, note de conjoncture de novembre 2025
  7. Banque de France, défaillances d’entreprises en France, décembre 2025
  8. Banque de France, médiation du crédit aux entreprises
  9. Banque de France, accord de place sur la médiation du crédit (2024)
  10. impots.gouv.fr, accompagnement individualisé en cas de difficultés : CCSF et CODEFI
  11. BOFiP, plans de règlement des dettes fiscales et CCSF
  12. entreprendre.service-public.gouv.fr, déclaration de cessation des paiements
  13. entreprendre.service-public.gouv.fr, délais de paiement auprès de l’Urssaf pour l’employeur
  14. Bpifrance Création, difficultés de règlement des cotisations sociales
  15. economie.gouv.fr, accompagnement des entreprises en sortie de crise
  16. Légifrance, code de commerce, article L620-1 (procédure de sauvegarde)
  17. Légifrance, code de commerce, article L640-1 (liquidation judiciaire)
  18. code.travail.gouv.fr, redressement judiciaire de l’entrepreneur individuel
  19. Préfecture de Lot-et-Garonne, fiche réflexe : démarches en cas de difficultés financières
  20. DREETS Centre-Val de Loire, guide des entreprises en difficulté
  21. Commission européenne, Digital Markets Act : liberté tarifaire des établissements sur Booking.com
  22. DREAL Grand Est, dispositif éco énergie tertiaire
  23. DREAL Nouvelle-Aquitaine, éco énergie tertiaire appliqué à l’hôtellerie et à la restauration
  24. code.travail.gouv.fr, convention collective Hôtels, cafés, restaurants (IDCC 1979)

Historique des mises à jour — 28 octobre 2026 : première publication.