En TVA hôtellerie, la nuitée, le petit-déjeuner et les repas relèvent du taux réduit de 10 %, alors que l’alcool, la location de salles, le spa ou le parking optionnel relèvent du taux normal de 20 %. Tout forfait qui mêle ces taux doit être ventilé selon une méthode justifiable.
Les no-show sont taxables depuis les décisions du Conseil d’État de 2024, les commissions des plateformes étrangères s’autoliquident et la taxe de séjour se collecte à part, hors TVA. Un exploitant bien paramétré récupère par ailleurs toute la TVA de ses travaux.
Pour qui
Hôteliers indépendants, groupes, résidences de tourisme, campings, chambres d’hôtes et investisseurs LMNP qui veulent appliquer le bon taux à chaque ligne de facture.
Quand
À l’ouverture ou à la reprise, au paramétrage du PMS, avant une campagne de forfaits, après une notification de contrôle ou lors de travaux importants.
Ce que vous obtenez
Un tableau des taux, les règles de ventilation, le traitement des no-show et des OTA, la taxe de séjour et une méthode de contrôle interne.
TVA hôtellerie : de quoi parle-t-on ?
La TVA hôtellerie désigne l’ensemble des règles de taxe sur la valeur ajoutée applicables aux établissements d’hébergement : taux de la nuitée, des repas et des services annexes, ventilation des forfaits, exigibilité des acomptes, autoliquidation des commissions et récupération de la TVA sur investissements. Elle s’articule avec la taxe de séjour, qui n’est pas une TVA.
Le cadre vient de la directive 2006/112/CE, qui autorise les États à appliquer un taux réduit à l’hébergement, et du code général des impôts : article 261 D pour le champ, article 279 pour le taux de 10 %, article 283 pour l’autoliquidation. Le BOFiP, la doctrine publiée par l’administration, en précise l’application.
Pourquoi la TVA hôtellerie est un sujet à part
Un même séjour combine souvent quatre ou cinq taux : chambre et petit-déjeuner à 10 %, champagne à 20 %, salle de réunion à 20 %, soins à 20 %. L’erreur ne vient presque jamais de la nuitée, mais des forfaits et des recettes annexes, que le PMS (Property Management System, logiciel de gestion hôtelière) code parfois mal dès l’ouverture.
Hôtel-restaurant : où s’arrête ce guide
Si votre établissement exploite un restaurant ouvert à la clientèle extérieure, les règles propres à la restauration (vente à emporter, livraison, carte des boissons) sont traitées par notre site jumeau consacré à la restauration. Ce guide reste centré sur le volet hôtel : chambre, petit-déjeuner, demi-pension et services aux résidents.
Les taux de TVA hôtellerie en un tableau
Le tableau suivant récapitule les taux de TVA hôtel les plus courants. Il sert de base au paramétrage de votre logiciel et à la revue annuelle que nous menons avec chaque client dans le cadre de la comptabilité de l’hôtel.
| Prestation | Taux | Fondement |
|---|---|---|
| Nuitée, chambre, suite, emplacement de camping | 10 % | Article 279 a du CGI |
| Petit-déjeuner, demi-pension, room service (hors alcool) | 10 % | Ventes à consommer sur place |
| Boissons alcooliques, y compris au minibar | 20 % | Exclusion des taux réduits |
| Location de salle, matériel de séminaire | 20 % | Taux normal |
| Spa, soins, parking optionnel, blanchisserie | 20 % | Taux propre de la prestation |
| Services accessoires inclus (piscine, wifi) | 10 % | Opération unique et accessoire |
| Taxe de séjour | hors champ | Taxe locale collectée |
Ces taux sont ceux de la France continentale. L’économie.gouv.fr rappelle l’existence de taux particuliers en Corse et dans les départements d’outre-mer : un hôtel situé dans ces territoires doit faire vérifier sa grille.
TVA hébergement à 10 % : le cœur de la TVA hôtellerie
La TVA hébergement s’applique à toute fourniture de logement dans un hôtel, une résidence de tourisme, un camping ou une chambre d’hôtes professionnelle. Selon le BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20, l’hébergement hôtelier est taxable de plein droit, et le BOI-TVA-LIQ-30-20-10-10 lui applique le taux réduit de 10 %.
Ce que couvre le taux de 10 %
Le taux de 10 % couvre la chambre et les services qui forment avec elle une opération unique : ménage quotidien, linge, accès à la piscine ou à la salle de sport, wifi, parking inclus sans supplément. Le BOFiP cite l’exemple de la piscine, accessoire parce qu’elle améliore la qualité du logement.
Le critère de l’opération unique
Un service est accessoire lorsqu’il a une fonction auxiliaire et pas de finalité autonome pour le client. À l’inverse, le fait de le proposer en option, contre un supplément, est un indice qu’il s’agit d’une opération distincte, taxée à son propre taux.
Le cas des chambres d’hôtes et gîtes
Les chambres d’hôtes relèvent de la TVA lorsque le loueur dépasse la franchise en base de l’article 293 B du CGI. Le gîte meublé n’est taxable que s’il remplit les conditions de la para-hôtellerie décrites plus bas.
Taux de TVA hôtel et classement
Le taux de TVA hôtel ne dépend ni du nombre d’étoiles ni du prix de la chambre : un palace et un hôtel une étoile appliquent le même taux de 10 %. Le classement joue en revanche sur la taxe de séjour, dont les tarifs varient par catégorie.
Votre PMS applique-t-il le bon taux à chaque prestation ? Nous auditons votre paramétrage de TVA hôtellerie.
Faire vérifier ma TVAPetit-déjeuner et demi-pension : la ventilation en TVA hôtellerie
Le petit-déjeuner suit le taux de 10 % des ventes à consommer sur place, qu’il soit inclus dans la chambre ou facturé à part. La demi-pension et la pension complète ajoutent un ou deux repas, eux aussi à 10 %. La difficulté naît seulement quand le forfait inclut de l’alcool.
Le principe de ventilation
Le BOI-TVA-LIQ-30-20-10-20 impose, pour un prix global couvrant des opérations à des taux différents, une ventilation simple et économiquement réaliste, sous la responsabilité de l’exploitant. À défaut, l’administration peut soumettre l’ensemble du prix au taux normal.
Méthode des prix à la carte
La méthode la plus répandue répartit le prix du forfait au prorata des prix pratiqués à l’unité : chambre, petit-déjeuner, dîner et vin. Elle est simple à documenter et s’appuie sur une grille tarifaire publique.
Méthode du coût de revient
La version 2014 du même BOFiP admet aussi une répartition selon le coût de revient des composantes. Elle convient aux forfaits gastronomiques où le vin pèse lourd dans le coût.
Ventilation forfaitaire par établissement
Une clé fixe, appliquée à tous les forfaits, est admise lorsque la gamme est homogène, par exemple quand la part des boissons alcooliques est comparable d’un forfait à l’autre. Elle doit être revue chaque année et conservée avec les pièces justifiant son calcul.
Minibar, room service et alcool : TVA hôtellerie au bar et en chambre
Les boissons alcooliques sont exclues des taux réduits. L’actualité BOFiP de 2020 retient comme boisson alcoolique tout produit dont le titre dépasse 1,2 % vol., ou 0,5 % pour la bière. Au bar, au minibar ou au room service, elles relèvent donc du taux normal de 20 %.
Le minibar : un article, un taux
Le BOFiP cite expressément le minibar parmi les ventes qui suivent leur propre taux, et non celui de la chambre. En pratique, les sodas, eaux et encas consommés en chambre sont traités à 10 %, et les mignonnettes d’alcool à 20 %. Chaque article doit être codé dans le PMS avec son taux.
Room service et bar de l’hôtel
Le room service suit le régime de la restauration sur place : 10 % sur les plats et boissons sans alcool, 20 % sur l’alcool. Pour le bar, la même règle vaut ; les spécificités d’un restaurant ouvert au public relèvent de notre guide restauration.
Bouteille offerte à l’arrivée
Une bouteille de champagne incluse dans un forfait « séjour romantique » n’est pas un cadeau aux yeux du fisc : sa valeur doit être isolée et taxée à 20 %. C’est l’erreur la plus fréquente que nous relevons sur les forfaits.
Séminaires et location de salles : TVA hôtellerie du MICE
Le MICE (Meetings, Incentives, Conferences, Exhibitions, soit le tourisme d’affaires) représente une part croissante du chiffre d’affaires hôtelier. Sa TVA hôtellerie suit une logique simple : la salle et le matériel à 20 %, les repas et pauses à 10 % hors alcool, l’hébergement à 10 %.
Le forfait journée d’étude
Un forfait journée d’étude par participant combine généralement salle, vidéoprojecteur, deux pauses et un déjeuner. Il doit être ventilé, au prorata des prix unitaires ou d’une clé documentée, entre une part à 20 % et une part à 10 %.
Forfait résidentiel
Le forfait résidentiel ajoute la nuitée et le petit-déjeuner, à 10 %. Plus la part d’hébergement est forte, plus la TVA moyenne du forfait baisse : c’est un argument de prix, à condition de pouvoir justifier la clé.
Prestations de tiers refacturées
Animateur, hôtesses, transport ou activité de team building refacturés par l’hôtel suivent leur taux propre, en principe 20 %. S’ils sont refacturés à l’euro près au nom du client, ils peuvent constituer des débours exclus de la base de TVA.
Une prestation d’hébergement ou de séminaire liée à un immeuble situé en France est imposable en France, même pour une entreprise cliente établie à l’étranger. Celle-ci pourra demander le remboursement de la TVA selon la procédure de son pays.
Forfaits et packages : spa, parking et TVA hôtellerie
Les packages « nuit et spa », « séjour golf » ou « week-end avec parking » sont le terrain le plus risqué de la TVA hôtellerie. Le BOFiP rappelle que les soins, la blanchisserie, le garage ou les excursions suivent leur propre taux, sauf s’ils sont si étroitement liés à l’hébergement qu’ils forment une opération unique.
| Élément du package | Inclus d’office | Optionnel, payant |
|---|---|---|
| Accès piscine, hammam des résidents | 10 % | 20 % |
| Soin ou massage réservé | 20 % | 20 % |
| Parking | 10 % | 20 % |
| Location de vélos, excursion | 20 % | 20 % |
| Blanchisserie, pressing | 10 % | 20 % |
Ce tableau traduit notre lecture des paragraphes 40 à 60 du BOFiP : il ne remplace pas l’analyse de vos conditions de vente. Un soin de beauté optionnel suit toujours son propre taux, comme les produits vendus à la boutique de l’hôtel.
Construire un package qui tient en contrôle
Fixez par écrit la valeur de chaque composante, alignée sur votre grille publique, et paramétrez le PMS pour éclater automatiquement le prix. Le chiffre d’affaires par taux se retrouve ainsi directement dans votre déclaration de TVA, sans retraitement manuel en fin de mois.
Annulations, no-show, arrhes et acomptes en TVA hôtellerie
Les sommes retenues en cas d’annulation tardive ou de non-présentation ont longtemps fait débat. L’actualité BOFiP du 11 décembre 2024 intègre les décisions 472257 et 489947 du Conseil d’État du 9 octobre 2024 : les sommes prélevées sur le client absent rémunèrent la prestation d’hébergement réservée et sont taxables.
No-show : 10 % comme la nuitée
Le Conseil d’État juge que la réservation garantit la mise à disposition d’une chambre, même si le client n’en profite pas. La somme retenue suit donc le taux de la prestation d’hébergement, soit 10 %, et non un régime d’indemnité hors champ.
Arrhes et acomptes : l’exigibilité à l’encaissement
Pour une prestation de services, la TVA est exigible à l’encaissement. Arrhes ou acompte versés à la réservation déclenchent donc la TVA dès leur réception, sans attendre le séjour. Si l’hôtel a opté pour les débits, l’exigibilité intervient à la facturation.
Annulation remboursée
Si l’acompte est restitué, la TVA collectée est régularisée sur la déclaration suivante. Gardez la trace du remboursement, rattachée à la réservation d’origine.
Indemnité de pur préjudice
Une indemnité qui répare seulement un préjudice, sans contrepartie d’un service, reste hors champ. En hôtellerie, ce cas devient rare : la plupart des pénalités de réservation sont désormais analysées comme le prix de la réservation.
Les conditions générales de vente qualifient souvent ces sommes d’« indemnités ». L’administration n’est pas liée par la qualification des parties : elle regarde les conditions réelles de versement. Relisez vos conditions et votre PMS avant votre prochaine déclaration.
Commissions OTA et autoliquidation : TVA hôtellerie intra-UE
Les agences de voyage en ligne, ou OTA (Online Travel Agencies), facturent à l’hôtel une commission sur chaque réservation. Lorsque la plateforme est établie hors de France, cette commission est un service rendu à un assujetti français, situé en France selon l’article 259 du CGI.
Le mécanisme de l’autoliquidation
Selon le BOI-TVA-DECLA-10-10-20, le preneur assujetti devient redevable de la TVA lorsque le prestataire n’est pas établi en France. L’hôtel déclare le montant de la commission en « autres opérations imposables » et déduit la même TVA sur la même déclaration.
Une opération neutre, mais obligatoire
L’autoliquidation ne coûte rien à un hôtel qui récupère intégralement sa TVA, mais son oubli est sanctionné par l’amende de l’article 1788 A du CGI. Le BOFiP précise que l’absence de déclaration par le prestataire ne dispense pas le preneur.
Le modèle marchand
Lorsque la plateforme encaisse le prix du séjour et revend la nuitée en son nom, il ne s’agit plus d’une commission : l’hôtel facture la nuitée à la plateforme. Ce schéma doit être analysé contrat par contrat.
Rapprocher les relevés des plateformes
Chaque mois, rapprochez les factures de commissions, les virements reçus et le chiffre d’affaires du PMS. Ce rapprochement fait partie de la mission de tenue comptable de l’hôtel et alimente aussi votre suivi de la rentabilité par canal de distribution.
TVA hôtellerie sur travaux et récupération de la TVA
Un hôtel est un local professionnel, pas un logement : les travaux de rénovation, de mise aux normes ou de décoration sont en principe facturés au taux normal de 20 %. La bonne nouvelle est que cette TVA est déductible, puisque l’hôtel réalise des opérations taxables.
Quand déduire la TVA
Selon le BOI-TVA-DED-40-20, la TVA se déduit sur la déclaration du mois au cours duquel elle devient exigible chez le fournisseur. Une TVA oubliée peut encore être portée sur une déclaration ultérieure, au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant l’omission.
Coefficient de déduction
Le BOI-TVA-DED-20-10 fixe la déduction d’après un coefficient qui combine assujettissement, taxation et admission. Un hôtel dont toute l’activité est taxable a en principe un coefficient de 1 ; une activité exonérée ou une dépense exclue le réduit.
Crédit de TVA et remboursement
Une rénovation lourde génère souvent un crédit de TVA. Il peut être imputé sur les déclarations suivantes ou faire l’objet d’une demande de remboursement, à anticiper dans votre plan de trésorerie lors d’une ouverture ou d’une reprise d’hôtel.
Achat des murs et TVA immobilière
L’acquisition des murs d’un hôtel peut supporter la TVA immobilière, récupérable par l’exploitant ou par la société de murs qui loue à un exploitant. Cette question se traite avec la structuration patrimoniale, détaillée dans notre page fiscalité de l’hôtel.
Le risque de TVA hôtellerie ne se situe pas sur la chambre, il se situe dans le paramétrage. Un forfait mal codé dans le PMS répète la même erreur sur chaque réservation pendant trois ans, et l’administration n’a qu’à extraire le fichier pour la chiffrer.
Je recommande donc une revue annuelle des codes TVA du logiciel, forfait par forfait, avant la saison. Elle prend une demi-journée et coûte bien moins qu’un rappel sur trois exercices assorti d’intérêts de retard.
Raphaël Berguig, Nexco Expertise
LMNP, résidences de services et para-hôtellerie : la TVA hôtellerie hors hôtel
En principe, la location meublée est exonérée de TVA. L’article 261 D, 4° du CGI prévoit toutefois des exceptions : la para-hôtellerie (b), les locations meublées à usage résidentiel avec services (b bis) et la location à un exploitant de ces activités (c). Le BOFiP en détaille les conditions.
Les conditions de la para-hôtellerie
Deux conditions cumulatives s’appliquent. Le loueur propose des séjours de trente jours au plus, au choix du client. Il met à disposition un local meublé et offre au moins trois des quatre services suivants : petit-déjeuner, nettoyage régulier, fourniture de linge de maison et réception de la clientèle.
Des services réellement proposés
Le loueur doit disposer des moyens de fournir ces services à tous les clients et pouvoir prouver qu’ils sont proposés : livret d’accueil, site internet, affichage. Un distributeur automatique ne vaut pas petit-déjeuner, une simple boîte à clés ne vaut pas réception.
Ce qui ne compte pas
Le classement du meublé, la qualité du loueur et la situation dans une zone touristique sont sans incidence. Un séjour qui dure finalement plus de trente jours ne remet pas en cause la taxation.
LMNP en résidence de services gérée
L’investisseur LMNP (loueur en meublé non professionnel) qui loue son logement à l’exploitant d’une résidence de tourisme ou d’affaires fournissant ces services facture la TVA sur ses loyers, au titre du c. Il récupère en contrepartie la TVA payée sur l’achat. Les versions successives du BOFiP montrent que ces règles ont évolué : datez vos analyses.
Le risque de régularisation
Si l’exploitant cesse de fournir les services ou si le bail est rompu, la location peut redevenir exonérée et déclencher un reversement partiel de la TVA récupérée. Ce point se vérifie avant toute signature et à chaque renouvellement de bail.
Taxe de séjour : le complément de la TVA hôtellerie
La taxe de séjour est une taxe locale, instituée par délibération de la commune ou de l’intercommunalité avant le 1er juillet pour l’année suivante. Elle finance l’accueil touristique. Le site collectivites-locales.gouv.fr en présente les règles, refondues par la loi de finances pour 2015.
Régime au réel ou au forfait
Au réel, le client paie la taxe par personne et par nuitée, et l’hôtelier la collecte puis la reverse. Au forfait, l’hébergeur paie lui-même une somme calculée sur la capacité d’accueil et la période d’ouverture. Le Conseil constitutionnel a validé les régimes forfaitaire et mixte en février 2024.
Tarifs par catégorie
Le tarif dépend du classement : chaque catégorie, du palace au camping, a un plancher et un plafond revalorisés chaque année. Les hébergements non classés supportent un taux proportionnel compris entre 1 % et 5 % du prix de la nuitée, plafonné.
Taxes additionnelles
S’y ajoutent une taxe additionnelle départementale de 10 % et, dans certaines régions dont l’Île-de-France, des taxes additionnelles régionales. Le montant à afficher et à collecter est donc la somme de ces composantes.
Exonérations et obligations déclaratives
Le guide pratique de la DGCL et de la DGE liste les exonérations du régime au réel : mineurs, saisonniers employés dans la commune, personnes en hébergement d’urgence ou en relogement temporaire. L’hébergeur déclare le nombre de personnes, de nuitées et les montants perçus, puis reverse aux dates fixées par délibération.
Collecte par les plateformes
Les plateformes intermédiaires de paiement collectent la taxe pour les loueurs non professionnels et la reversent au plus tard le 31 décembre. La plateforme Faritas, expérimentée depuis la loi de finances pour 2024, leur permet une déclaration annuelle unique. Les tarifs votés sont publiés via l’application DELTA de la DGFiP, et économie.gouv.fr rappelle les obligations des hébergeurs.
Taxe de séjour, no-show, forfaits : faites relire vos déclarations par un cabinet qui connaît l’hôtellerie.
Demander un diagnostic TVASécuriser sa TVA hôtellerie en 6 étapes
Cette méthode est celle que nous appliquons à la reprise d’un dossier hôtelier. Elle s’intègre à la mission d’expert-comptable hôtel et se déroule sur le premier trimestre de collaboration.
Cartographier vos recettes
Listez chaque produit vendu : chambres, forfaits, petit-déjeuner, minibar, salles, spa, parking, no-show, ventes boutique. Chaque ligne reçoit un taux et un fondement.
Paramétrer le PMS et la caisse
Créez un code TVA par taux et associez-le à chaque article. Les forfaits sont éclatés automatiquement selon la clé de ventilation retenue.
Documenter les clés de ventilation
Conservez une note datée qui explique la méthode, les prix à la carte de référence et le calcul. C’est la première pièce demandée en contrôle.
Traiter les flux des plateformes
Rapprochez chaque mois commissions, virements et réservations ; autoliquidez les commissions des plateformes étrangères.
Déclarer et reverser la taxe de séjour
Suivez le calendrier de votre collectivité, séparez taxe principale et taxes additionnelles et conservez l’état déclaratif.
Réviser chaque année
Avant la saison, revoyez les codes TVA, les nouveaux forfaits et les évolutions du BOFiP avec votre expert-comptable.
Exemple chiffré de TVA hôtellerie : un forfait demi-pension
Ce cas illustre l’effet d’une ventilation absente sur un forfait courant. Les chiffres sont fictifs et les calculs ont été exécutés.
Hypothèses fictives : forfait demi-pension pour deux personnes et une nuit, vendu 260 € TTC. Prix à la carte : chambre 160 € TTC, deux petits-déjeuners 36 €, deux dîners 76 €, une bouteille de vin 42 €, soit 314 € TTC. L’hôtel vend 1 200 forfaits par an, dont une partie via une plateforme établie aux Pays-Bas qui prélève 17 %.
Ventilation au prorata (coefficient 260 / 314 = 0,828) : 132,48 € pour la chambre, 29,81 € pour les petits-déjeuners et 62,93 € pour les dîners, à 10 %, et 34,78 € pour le vin, à 20 %. TVA due : 26,27 € par forfait, contre 23,64 € si tout est déclaré à 10 %.
Écart : 2,63 € par forfait, soit 3 161,55 € par an, hors intérêts et majorations. Commission de la plateforme sur un forfait : 44,20 €, avec 8,84 € de TVA autoliquidée et déduite sur la même déclaration.
Sur trois exercices contrôlés, l’écart dépasse 9 000 € de droits, avant pénalités. La ventilation n’est pas une formalité : c’est la ligne qui se chiffre le plus vite en contrôle.
Erreurs fréquentes en TVA hôtellerie
Les erreurs que nous relevons à la reprise de dossiers hôteliers se répètent d’un établissement à l’autre.
- Un taux unique sur les forfaits. Le vin, le champagne ou le soin inclus restent à 20 % et doivent être isolés.
- Les no-show traités hors TVA. Depuis 2024, la somme retenue suit le taux de la nuitée.
- L’autoliquidation oubliée. Les commissions des plateformes étrangères doivent figurer sur la déclaration.
- La taxe de séjour mêlée au chiffre d’affaires. Elle doit être isolée en compte de tiers, hors base de TVA.
- Le parking ou le spa optionnel à 10 %. Une prestation proposée en supplément suit son propre taux, en principe 20 %.
Contrôle fiscal : ce que vérifie l’administration en TVA hôtellerie
En hôtellerie, le contrôle de TVA porte d’abord sur la cohérence entre le PMS, la caisse, la banque et les déclarations. Le vérificateur extrait les données de réservation, recalcule le chiffre d’affaires par taux et compare avec les montants déclarés.
Les points examinés en priorité
- La ventilation des forfaits et la note qui la justifie.
- Le traitement des no-show, annulations et arrhes conservées.
- L’autoliquidation des commissions de plateformes étrangères.
- Les taux appliqués au minibar, au bar et aux salles.
- La déduction de la TVA sur travaux et son calendrier.
Conservez les journaux du PMS, les factures OTA, les états de taxe de séjour et vos notes de ventilation. Le droit de reprise s’exerce en principe jusqu’à la fin de la troisième année suivant celle de l’exigibilité : trois exercices de forfaits peuvent donc être recalculés.
Le rôle de l’expert-comptable
Votre cabinet prépare le dossier, répond aux demandes du vérificateur et discute les rectifications. Chez Nexco, l’assistance en contrôle est comprise dans le suivi de nos clients en formule Performance ou Groupe, selon la lettre de mission.
TVA hôtellerie et facturation électronique
La réforme de la facturation électronique modifie la déclaration de TVA des hôtels. Selon Service Public Entreprendre, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques au 1er septembre 2026. L’émission et l’e-reporting s’imposent à cette date aux grandes entreprises et ETI, et au 1er septembre 2027 aux PME.
Ce qui change pour un hôtel
Les factures émises à des clients professionnels, comme les séminaires ou les séjours d’affaires, passeront par une plateforme de dématérialisation partenaire de l’administration. Les nuitées vendues aux particuliers relèveront de l’e-reporting. La FAQ d’impots.gouv.fr et l’économie.gouv.fr détaillent le calendrier.
Nous détaillons les choix de plateforme et le calendrier propre à votre établissement dans notre page facturation électronique hôtel.
Nexco et la TVA hôtellerie : notre accompagnement
Nexco Expertise accompagne hôteliers indépendants, groupes et investisseurs depuis son bureau du 29 rue du Colisée, à Paris. Notre approche de la TVA hôtellerie part du PMS et de vos contrats de distribution, pas d’un plan comptable générique.
Nos formules
La formule Essentiel démarre à 350 € HT par mois, la formule Performance à 550 € HT et la formule Groupe à 1 200 € HT pour les établissements multiples. La paie est facturée 30 € HT par bulletin, voir notre page paie hôtellerie, et une consultation ponctuelle sur un point de TVA coûte 149 € HT.
Pour aller plus loin
Consultez nos tarifs détaillés, découvrez qui nous sommes ou revenez à l’accueil de Nexco Hôtellerie. Si vous préparez une cession, la conformité TVA pèse aussi dans la valorisation de votre hôtel.
Questions fréquentes sur la TVA hôtellerie
Quel est le taux de TVA d’une nuit d’hôtel ?
La chambre d’hôtel est taxée au taux réduit de 10 % prévu au a de l’article 279 du CGI, car l’hôtel réalise une prestation d’hébergement taxable de plein droit. Ce taux couvre aussi les services accessoires indissociables, comme l’accès à la piscine ou le wifi inclus. Les prestations optionnelles payées en supplément suivent leur propre taux.
Le petit-déjeuner à l’hôtel est-il à 10 % ou à 20 % ?
Le petit-déjeuner relève du taux de 10 % applicable aux ventes à consommer sur place. Seules les boissons alcooliques qui l’accompagnent, comme une coupe de champagne au brunch, relèvent du taux normal de 20 %. Lorsqu’il est inclus dans le prix de la chambre, aucune ventilation n’est nécessaire tant qu’il ne contient pas d’alcool.
Comment ventiler la TVA d’une demi-pension ?
Hébergement, petit-déjeuner et dîner sont tous à 10 %, mais le vin ou l’apéritif inclus est à 20 %. Il faut isoler la part de l’alcool selon une méthode économiquement justifiée, par exemple au prorata des prix à la carte ou du coût de revient. À défaut de ventilation, l’administration peut taxer l’ensemble du forfait au taux normal.
Quelle TVA appliquer à la location d’une salle de séminaire ?
La location d’une salle de réunion n’est pas une prestation d’hébergement : elle relève en principe du taux normal de 20 %. Dans un forfait journée d’étude qui inclut salle, pauses et déjeuner, la part restauration reste à 10 % hors alcool. Le prix global doit donc être ventilé entre la salle, le matériel et les repas.
Les no-show sont-ils soumis à la TVA ?
Oui. Par deux décisions du 9 octobre 2024, reprises au BOFiP le 11 décembre 2024, le Conseil d’État juge que les sommes prélevées sur un client qui ne se présente pas, sans avoir annulé dans les délais, rémunèrent la prestation d’hébergement réservée. Elles sont donc taxables au même taux que la nuitée, soit 10 %.
Les arrhes encaissées par un hôtel supportent-elles la TVA ?
Pour une prestation de services, la TVA devient exigible à l’encaissement : arrhes et acomptes versés pour une réservation sont donc taxables dès leur réception, au taux de la nuitée. Si le client annule et que l’hôtel conserve la somme, la doctrine récente tend à la traiter comme la contrepartie de la réservation. Faites valider vos conditions générales.
Faut-il payer la TVA sur les commissions Booking ou Expedia ?
Oui, lorsque la plateforme est établie hors de France, elle facture sa commission sans TVA française et l’hôtel l’autoliquide en application de l’article 283-2 du CGI. Il déclare la TVA due et la déduit sur la même déclaration, sans coût final. L’oubli de l’autoliquidation expose toutefois à l’amende prévue à l’article 1788 A du CGI.
Un hôtel peut-il récupérer la TVA sur ses travaux de rénovation ?
Oui, la TVA facturée sur les travaux, le mobilier et les équipements est déductible dès lors qu’ils servent à des opérations taxables comme l’hébergement. La déduction s’exerce sur la déclaration du mois où la taxe devient exigible chez le fournisseur. En cas de crédit important, l’hôtel peut demander son remboursement sous conditions.
La taxe de séjour entre-t-elle dans la base de la TVA ?
Non, l’hôtelier collecte la taxe de séjour au réel pour le compte de la collectivité et la reverse aux dates fixées par délibération. Elle s’ajoute au prix de la nuitée sans supporter de TVA et doit apparaître distinctement sur la facture. En régime forfaitaire, la taxe due par l’hébergeur est une charge, sans TVA.
Qui collecte la taxe de séjour quand le client réserve sur une plateforme ?
Les plateformes qui encaissent le paiement pour le compte de loueurs non professionnels doivent collecter la taxe de séjour et la reverser elles-mêmes. Pour un hôtel professionnel, la collecte reste en principe à sa charge, sauf organisation contraire avec l’intermédiaire. Vérifiez chaque contrat de distribution pour éviter une double collecte ou un oubli.
Un loueur LMNP en résidence de services doit-il facturer la TVA ?
Lorsque le loueur donne son bien en location à l’exploitant d’une résidence qui fournit des prestations parahôtelières, le loyer est taxable de plein droit au titre du c du 4° de l’article 261 D du CGI. Le loueur facture alors la TVA à l’exploitant et peut récupérer celle payée sur l’acquisition du logement.
Quelles conditions pour qu’une location meublée soit de la para-hôtellerie ?
Le loueur doit proposer des séjours de trente jours au plus, au choix du client, et offrir au moins trois des quatre services suivants : petit-déjeuner, nettoyage régulier, fourniture de linge et réception, même non personnalisée. Il doit disposer des moyens de les fournir et pouvoir prouver qu’ils sont réellement proposés.
Le minibar et le room service sont-ils à 10 % ?
Les boissons sans alcool et les plats servis en chambre suivent en pratique le taux de la restauration sur place, soit 10 %. Les alcools du minibar ou du room service relèvent du taux normal de 20 %. Votre logiciel hôtelier doit donc distinguer chaque article par taux, et non appliquer un taux global au poste minibar.
Quelles sont les dates de la facturation électronique pour un hôtel ?
Toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques au 1er septembre 2026. L’émission et l’e-reporting s’imposent à la même date aux grandes entreprises et ETI, et au 1er septembre 2027 aux PME et micro-entreprises, donc à la plupart des hôtels indépendants. Les ventes aux particuliers relèvent de l’e-reporting.
Faire vérifier votre TVA hôtellerie
Décrivez votre établissement, vos forfaits et vos canaux de vente : nous vous répondons avec un devis gratuit, ou appelez le 01 59 13 35 79.
Sources
- BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20 : hébergement hôtelier et parahôtelier, locations meublées à usage résidentiel
- BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20, historique des versions
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Historique des mises à jour — 28 octobre 2026 : première publication.